Faits réels vécus par Vanessa, la copine de mon cousin.

Comment, pour la justice française, j’ai été consentante lors de mon viol.

La justice préfère laisser un coupable en liberté, plutôt qu’envoyer un innocent en prison. C’est pourquoi, au moindre doute, un criminel peut-être déclaré non coupable. Mon bourreau, est en liberté alors qu’il m’a détruite quand j’avais de 15 ans.

Toute la plaidoirie de l’avocat de la défense était basée là-dessus. Il s’est servi de l’exemple d’un livre, dont j’ai oublié le titre, qui racontait l’erreur judiciaire qu’un père accusé d’inceste avait subi. Comme ci tout ça avait quelquechose à voir avec ce que j’ai subi, moi ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il ne faut pas écouter la parole d’une enfant parce qu’une autre a menti avant ? Je ne peux être qu’écoeurée par ce point de vue car le travail des professionnels est justement d’écouter les témoignages et de déceler les mensonges s’il y en a. On ne nie pas une parole par principe : la présomption d’innocence est aussi valable pour celles qui témoignent d’un viol. Cette société qui m’accuse indirectement de mentir, où était elle quand j’ai eu besoin d’elle pour me protéger de l’inceste ?

« Non coupable ». Celui qui m’a torturée est non coupable aux yeux de la justice et de la société toute entière. Non coupable comme s’il n’avait rien fait. Non coupable parce qu’il manquait une preuve matérielle !

Oui je me suis lavée et relavée pour me décrasser et pour me purifier. Oui, j’ai mis mon linge dans la machine dés que je suis rentrée chez moi, oui c’est de ma faute si les preuves ont disparues. J’avais 15 ans et je ne savais pas que la justice pourrait un jour croire que j’avais donner mon consentement à mon oncle de 40 ans pour avoir des rapports sexuels avec lui. Oui, pendant le procès il a été établi qu’il y avait eu des rapports sexuels entre nous.

Comment peut-on oser parler de rapports sexuels ? Un viol est une agression, une torture, une mutilation, une barbarie, un acte de domination, tout ceci n’a rien à voir avec le sexe !

Pour la justice, j’ai été provocante car j’étais en pyjama. J’ai entendu dire que le physique n’avait pas grand-chose à voir dans ce qui pousse un homme à violer une femme, alors pourquoi ce cliché persiste t-il dans les tribunaux ? J’ai l’impression de vivre au siècle dernier.

J’étais enceinte de 8 mois pendant le procès. Le jury populaire (composé uniquement d’hommes) a dû se dire que je m’étais reconstruite en 7 ans. Il a dû se dire que ça ne m’avait pas empêché de continuer à vivre et que donc, ce n’était pas si grave. Il a dû se dire que mettre un père de famille en prison pour ce qu’il a fait il y a plusieurs années et qui n’a pas tant que ça démoli sa victime, n’était pas utile.

Et le doute, ce foutu doute n’est qu’une hypocrisie !!! Il m’aurait violé un an avant, il était cuit car je n’avais pas la majorité sexuelle.

Je suis donc une traînée aux yeux de tous car on considère que j’ai allumé mon oncle. Je suis aussi une salope car je l’ai emmené devant les tribunaux pour l’accuser et j’ai divisé la famille. Je suis coupable aux yeux de tous. Comment croire en la justice française après ça ?

À mon violeur

Tu ne peux pas savoir à quel point j’aimerais te dire ça dans les yeux pour que tu y vois toute la haine et le mépris que j’éprouve pour toi. Tu dois te dire que tu as gagné, mais tu sais très bien ce que tu m’as fait. Tu sais que je vais devoir vivre avec cette souffrance toute ma vie et que tu devrais être en prison pour ça. Tu bénéficies de l’impunité, mais tu le sais très bien que tu es coupable. Tu es un criminel en liberté pas un innocent.

À ma grand-mère

Mamie, tu as choisi ton camp et ce n’est pas le mien. Tu prends à la légère ce que j’ai subi. Tu as dit que j’avais divisé la famille et que ça aurait dû se régler entre nous, avec des coups de poings. Mais Mamie, un jour il faudra bien que tu acceptes l’inacceptable : ton fils est un criminel. Tu as élevé un violeur et il a violé ta petite fille. Crois tu vraiment du fond de ton cœur que j’aurai inventé une histoire pareille ? Crois tu vraiment en tant que mère, que ton fils de 40 ans aurait accepté les avances de sa propre nièce de 15 ans sans réfléchir aux conséquences ? Crois-tu vraiment que Papi, paix à son âme, a menti lorsqu’il a rapporté à maman qu’il lui avait dit : « elle a un bon cul, je la baiserais bien » ? Mamie, la famille est brisée, mais qui est coupable ? Celui qui a violé la fille de son frère ou la nièce qui a dénoncé les pénétrations de son oncle ? Le soutien est précieux, et mon bourreau ne méritait pas le tien. Il a fait des choses dégoûtantes qui me donnent envie de vomir quand j’y repense. Mais toi aussi tu me donnes envie de gerber et à ta place j’aurai honte.